Le chapelle du ERBSENTHAL
(Le texte et les images sont issues du rapport présenté au Baccalauréat 1992 par T. Haller dans la cadre de l'option Langue et Culture Régionale)

Description générale Retour au début

     A l'Inventaire Général Lorraine la chapelle est inscrite sous les aspects suivants: 

   * Situation: isolée.
   * Matériaux:     - gros oeuvre: grès, pierre de taille.
                           - couverture: tuile plate, bois, ardoise.
   * Structure: plan allongé, un vaisseau.
   * Couverture: toit àlongs pans, croupe, flèche polygonale.
   * Couvrement: voûte d'ogives.
   * Typologie: église grange, chevet polygonal, campanile sur la première travée de la nef.

Description de 1860 Retour au début

     Lorsqu'en 1860 le Curé Cordier de Bitche, dans une lettre adressée à Monseigneur Paul Georges Marie Dupont des Loges, Evêque de Metz demande, l'autorisation d'y célébrer la "Sainte Messe", il lui adresse un descriptif très détaillé de la chapelle:

   "Bâtie dans le style ogival du treizième siècle sur la lisière d'un bosquet de pins, la Chapelle a dix mètres de longueur sur trois mètres de largeur et quatre mètres de hauteur. Elle est surmontée d'un élégant campanile et a six fenètres latérales garnies de vitraux. L'autel en pierre sculptée a deux mètres soixante centimètres de largeur sur un mètre de hauteur. Un tabernacle en pierre renfermant un coffre en fer à serrure indécrochetable, un crucifix et quatre chandeliers forment la garniture de l'autel. La Chapelle possède un magnifique calice en vermeil, une riche statue représentant la Vierge-Mère et quatre belles chasubles, dont l'une en drap d'or et les autres en velours, selon les couleurs lithurgiques. Tous les autres objets concernant le Saint Sacrifice de la messe et l'ornementation, sont dignes du saint emploi auquel ils sont destinés."

La renaissance Retour au début

     Après la deuxième guerre mondiale, bien qu'encore debout, la chapelle est meurtrie: la toiture est endommagée, les bancs, les chandeliers ainsi que la statue de Notre-Dame ont disparu, de même que le reste des objets de culte. Les murs à l'intérieur étaient couverts de haut en bas d'inscriptions, de noms de soldats de la Ligne Maginot. Elle avait même servie d'écurie. La porte d'entrée était grise, sans couleur. Il manquait une rangée de lettres à l'inscription au-dessus du portique; l'inscription complète est : "Notre-Dame-des-Bois Priez Pour Nous". La grille de fer à l'intérieur était entièrement rouillée. Cette description nous la devons à Monsieur le Curé Langenfeld de Saint-Louis-les-Bitche né en 1902 au Erbsenthal alors que son père était régisseur auprès de la famille De Creutzer. Il y a vécu neuf ans avec ses trois frères et soeurs.

     En 1967 il est retourné au Erbsenthal afin de revoir la terre de son enfance: pour y accèder il doit passer par-dessus un grillage qui entoure les environs de la chapelle et c'est là qu'il découvre la désolation. Il veut réagir mais comment puisque le domaine est privé? Dans les années 1970-1971 il cherche en vain une photo de sa maison natale: personne ne peut l'aider. Le 14 juillet 1973 il va à nouveau au Erbsenthal avec sa famille et rencontre sur place une famille de Illkirch. Ils font connaissance et se mettent tout de suite d'accord: la famille Ulrich voulait fournir la statue de la Sainte Vierge et promis d'aider à la restauration de la chapelle. C'est ainsi qu'en été 1973 M.Langenfeld vient tous les mercredis au domaine avec truelle, plâtre, eau, seaux et provisions jusque tard dans la nuit. Souvent il était seul toute la journée: personne ne le gênait. Il a refait à neuf tous les murs, réparé le toit. En mai et juin 1974 Léon Rimlinger, Mme Léna Rimlinger et leur fille Béatrice lui ont aidé. Le 14 juillet 1974 il fait une petite fête avec les familles Ulrich et Rimlinger: après avoir célébré une messe en l'honneur de la Vierge Marie, ils bénissent la cloche qui fut longtemps considérée comme perdue. En effet M. Langenfeld était au dédut de ses travaux de restauration monté dans le campanile et sur le toit et ne put voir la cloche du fait de l'obscurité. Jean Pierre Mischler lui avait dit qu'une cloche avait été trouvée en forêt après la guerre et qu'il l'avait donnée à sa famille à Boussewiller du fait que cette paroisse n'avait plus de cloche. Cependant cette dernière n'était pas celle du Erbsenthal. C'est pourquoi M. Langenfeld est remonté dans le campanile mais cette fois avec une lampe de poche et a retrouvé la cloche. Or il était impossible de la faire sonner car le battant était cassé: il fut réparé dans une forge à Saint-Louis-les-Bitche.

     Monsieur l'Abbé Scheidt, administrateur d'Eguelshardt, obtient l'autorisation, renouvelable chaque année, d'y organiser un pélerinage le lundi de Pentec“te. En 1987 la toiture est rénovée et en 1989 M. De Dietrich fait réparer les vitraux et M. Langenfeld l'intérieur. Depuis ces dernières années la chapelle accueille plusieurs centaines de touristes qui se promènent dans les forêts du Hanau ou tout simplement les habitués qui aiment se recueillir dans cet endroit si calme et si chargé d'histoire à la fois. 

           L'autel de la chapelle après la restauration

      En entrant à droite dans une niche, une statuette.

La Chapelle aujourd'hui Retour au début

 

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